Une production bio pour un impact à zéro

Sylvie Duplan & Yannick Ducamp
Pépiniéristes de Duplan de Provence
Pépinière de jeunes plants en mottes de plantes à parfum aromatiques et médicinales
Je souhaiterai que les gens prennent conscience que ce qu’on fait aujourd’hui, de ce qui a été fait par le passé et de ce qu’on va laisser au futur. Qu’on arrête de produire au bout du monde du monde avec de la main d’œuvre exploitée et faire venir des produits qu’on peut faire ici en France. On peut faire différemment, on peut arrêter de surconsommer, il suffit de revenir aux choses simples.
![]()
Carpentras – Commune de la CoVe – Vaucluse
Pépinière de jeunes plants en mottes de plantes à parfum aromatiques et médicinales
Les mains constamment dans la terre, Sylvie Duplan et Yannick Ducamp veulent exercer leur activité en réduisant au maximum leur impact sur l’environnement et les hommes. En plus de produire en agriculture biologique, le couple d’associés prévoit d’investir pour réduire leur consommation d’eau et sortir des énergies fossiles.
ENGAGES PAR LEURS ACTIONS
Sylvie et Yannick sont producteurs de plantes à parfum aromatiques et médicinales (PPAM). Sur 5000 m2 de surface de culture, le couple produit 1,5 millions de jeunes plans en mottes destinés aux professionnels qui les cultiverons en pot ou en pleine terre pour poursuivre leur croissance. 4 personnes y travaillent à l’année, jusqu’à 8 en saison, pour planter ou bouturer plusieurs dizaines de variétés : estragon, verveine citronnelle, lavande ou encore des immortelles, dont beaucoup serviront à la production d’huiles essentielles ou à l’herboristerie.
LES SOLUTIONS
Prévenir pour éviter de guérir
Produire en agriculture biologique demande anticipation et observation : « 3 axes sont nécessaires : gérer le climat des serres, utiliser en préventif, donc à faible dose, des traitements comme le cuivre ou le souffre pour lutter contre les maladies et lutter contre les « nuisibles » grâce à des insectes auxiliaires. »
Yannick soulève avec patience et minutie les micro-feuilles des plans suivis en permanence : « Par exemple, on utilise des micro-guêpes qui vont nous permettre d’éliminer le puceron. »
Sortir des énergies fossiles et éliminer les rebuts de l’agriculture locale
Les serres ont besoin de 5 à 6 mois de chauffage : « Notre chaudière est alimentée par les énergies fossiles, notre objectif est d’investir dans une chaudière bois pour utiliser les rebuts de l’agriculture locale, notamment les pains de coco utilisés massivement pour produire en hors sol. » Le pain de coco est constitué de fibres de coco emballées dans du plastique et est utilisé pour produire un substrat en y ajoutant engrais et solutions nutritives.
« Le problème, c’est qu’il n’y a aucune filière pour récupérer ces déchets de l’agriculture, on a en a des quantités énormes laissées par l’ancien propriétaire, et on peut en récupérer en local. Aujourd’hui, c’est soit enterré, soit brûlé. Quitte à ce que ce soit brûlé autant que ça serve à produire de la chaleur pour nos serres. Je préfère créer un emploi à mi-temps pour retirer le plastique des pains de coco et alimenter la chaudière que de donner cet argent à un groupe pétrolier ».
Réduire la consommation en eau
Autre projet des deux producteurs, réduire la consommation d’eau nécessaire à la croissance des jeunes plants : « en installant 4 chariots d’arrosage automatiques pour couvrir 1500 m2, on économisera 20 à 30 % d’eau avec une qualité d’arrosage supérieure. Ce sera également un énorme gain de temps, d’énergie et de confort dans nos conditions de travail ».
Précédent
Suivant
FRANCE ACTIVE ET VOUS ?
« Le programme CONNEXION est important, ça fait du bien de rencontrer d’autres acteurs qui s’engagent, cela nous permet de se sentir moins seuls, de partager notre expérience et de montrer que l’on peut produire de la qualité avec des pratiques moins impactantes. Ce serait bien plus simple de produire en « agriculture conventionnelle », mais en produisant en bio nous savons que l’on impacte au minimum. »
ET DEMAIN ?
« Je souhaiterai que les gens prennent conscience que ce qu’on fait aujourd’hui, de ce qui a été fait par le passé et de ce qu’on va laisser au futur. Qu’on arrête de produire au bout du monde du monde avec de la main d’œuvre exploitée et faire venir des produits qu’on peut faire ici en France. On peut faire différemment, on peut arrêter de surconsommer, il suffit de revenir aux choses simples. »
A bénéficié
du programme
CONNEXION
A été accompagné par
France Active Provence-Alpes-Côte d’Azur
2021
LA MINI ODYSSEE POUR DEMAIN
À bord de son vélo électrique solaire, Jérôme Zindy, voyageur engagé et reporter bas carbone, est parti à la rencontre d’une vingtaine d’entrepreneurs acteurs de la transition écologique et participants au programme CONNEXION de France Active Provence-Alpes-Côte d’Azur. Accompagné de Nicolas Jahan, photographe lui aussi à vélo électrique, ils ont parcouru 370 km entre Avignon, Arles et Carpentras pour mettre en lumière ces entrepreneurs tout en réduisant eux-mêmes au maximum l’impact de ces rencontres.
En savoir plus
C’est ici ?
Autres stories
![]()
[bloc_ajax params="{count:7,ess:0}"]
Toutes les stories
Bien dormir avec son vélo


Olivier BROCHERY
Dirigeant de Bed & Bike
Hébergement pour cyclosportifs et cyclotouristes
Avant, je travaillais en tant que chargé d’organisation événementielle. En 2016, j’ai voulu être mon propre patron en lien avec ma passion pour rencontrer d’autres cyclistes, partager, et revenir au réel.
![]()

Bien dormir avec son vélo
Venasque – Commune de la CoVe – Vaucluse
Hébergement touristique
D’après l’ADEME[1], en France « 43 % des consommations énergétiques finales sont liées aux secteurs résidentiels et tertiaires, ce qui représente 16,5 % du total des émissions de GES[2] en 2015. Pour atteindre les objectifs de division par 4 des émissions de GES en France d’ici 2050 et pour prendre en compte la forte exposition des bâtiments aux événements climatiques extrêmes, de nouvelles pratiques doivent émerger pour une meilleure performance énergétique : la mise en œuvre de systèmes de chauffage performants et peu émetteurs de GES ainsi que la production d’énergies renouvelables. »[3]
Avec son hébergement Bed and Bike, Olivier Brochery a déployé un certain nombre de solutions qui répondent déjà à ces objectifs.
ENGAGE PAR SES ACTIONS
Olivier Brochery est hébergeur dédié aux cyclo-sportifs et cyclotouristes, à Venasque, au pied du Mont Ventoux. « Avant, je travaillais en tant que chargé d’organisation événementielle. En 2016, j’ai voulu être mon propre patron en lien avec ma passion pour rencontrer d’autres cyclistes, partager, et revenir au réel. »
Acteur d’un tourisme plus durable, Olivier a fait construire un bâtiment de 300 m2 offrant 22 couchages. Un lieu d’accueil qu’il a voulu la plus sobre possible en énergie : un surcoût non négligeable à la construction mais permettant de réduire les coûts de fonctionnement dans un environnement soumis à de fortes contraintes climatiques.
De -7°C lors de cette interview, Carpentras a fait la une des médias en 2019 avec un record de chaleur à 44,3 °C !
LES SOLUTIONS
Mieux isoler et optimiser la production pour économiser l’énergie
Pour disposer d’un bâtiment le plus sobre possible en énergie, Olivier Brochery a fait des choix audacieux à la construction : « Le bâtiment est en ossature bois, avec une isolation renforcée bien au-delà de ce qu’impose la RT 2012[4]. La principale consommation en électricité d’un foyer provient de l’eau-chaude : avec 22 couchages, ça en fait des douches ! J’ai donc choisi un chauffe-eau solaire avec une capacité de 750 litres, ce qui est largement suffisant et fonctionne parfaitement dans la région. »
Autre point clé, gagner en efficience sur le chauffage et la climatisation : « une pompe à chaleur a un coefficient de performance de 4kw/h de chauffage pour 1 kWh consommé, c’est 4 fois plus performant qu’un chauffage traditionnel. »
Rendre les solutions accessibles financièrement pour pouvoir aller plus loin
« Pour financer ce projet, j’ai vendu mes biens immobiliers, j’ai tout financé moi-même. Sans contraintes budgétaires, j’aurais voulu aller plus loin : un toit végétalisé aurait permis une isolation supplémentaire et créé un puit de biodiversité. J’aurais aussi voulu investir dans une installation solaire pour produire de l’énergie, mais même si on l’amortit sur le long terme, il faut quand même avoir la capacité d’investissement au départ. Le chauffe-eau solaire par exemple, c’est 10 fois le coût d’un chauffe-eau classique, alors forcément j’ai dû faire des choix. »
Précédent
Suivant
FRANCE ACTIVE ET VOUS ?
« J’ai participé au programme CONNEXION pour présenter ma démarche et les choix que j’ai pu faire pour mon hébergement : j’espère que ça inspirera les autres chefs d’entreprises et que ça leur donnera des idées pour leurs propres développements. »
ET DEMAIN ?
« Je pense qu’on a besoin de revenir à l’essentiel, sortir de la surconsommation, de se reconnecter à la nature, de retrouver du bon sens : je crois au retour au local, c’est aberrant d’aller acheter des produits qui font le tour de la planète. »
[1] Agence de la transition écologique
[2] Gaz à effet de serre
[3] Source : https://www.territoires-climat.ademe.fr/ressource/342-123
[4] Chaque construction neuve doit respecter un certain niveau de performance énergétique. Ces performances sont inscrites dans la réglementation thermique, RT2012, qui fixe des exigences de résultats en matière de conception du bâtiment, de confort et de consommation d’énergie ainsi que des exigences de moyens.
A bénéficié
du programme
CONNEXION
A été accompagné par
France Active Provence-Alpes-Côte d’Azur
En 2021
LA MINI ODYSSEE POUR DEMAIN
À bord de son vélo électrique solaire, Jérôme Zindy, voyageur engagé et reporter bas carbone, est parti à la rencontre d’une vingtaine d’entrepreneurs acteurs de la transition écologique et participants au programme CONNEXION de France Active Provence-Alpes-Côte d’Azur. Accompagné de Nicolas Jahan, photographe lui aussi à vélo électrique, ils ont parcouru 370 km entre Avignon, Arles et Carpentras pour mettre en lumière ces entrepreneurs tout en réduisant eux-mêmes au maximum l’impact de ces rencontres.

En savoir plus
C’est ici ?
![]()
Autres stories
![]()
[bloc_ajax params="{count:7,ess:0}"]
Toutes les stories
